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Celui-ci, cependant, reste à chacun personnel, et tout patient trouvera au final ce qu’il y aura apporté, avec sa propre sincérité et son authenticité, avec son envie de poser sa volonté de changement pour un avenir plus étincelant, dans une existence moins asservie par la maladie.

Quant aux soignants qui pourraient être conduits à lire ces lignes, ils y trouveront des pistes de réflexion et de parcours au moment d’exercer leur collaboration et une certaine guidance neutre à l’égard du patient. Ce texte montre une piste de réflexion novatrice également destinée au corps soignant qui pourrait être conduit à envisager la co-construction et le partenariat en matière d’élaboration des directives anticipées en psychiatrie sous un regard neuf et avec des perspectives issues de réflexions basées sur notre expérience et donc en lien avec une véritable pragmatique clinique.

1. Les directives anticipées comme véritable outil thérapeutique

Lorsque le patient se trouve confronté à sa maladie, la psychiatrie va tenter de lui proposer des remèdes pour pallier aux maux dont il souffre. Parmi ces remèdes il y a ceux qui font partie de la chimie médicamenteuse, plus ou moins bien acceptés par le patient, et il y a les solutions de soins par la parole ou l’action dans un sens plus large.

La rédaction de directives anticipées s’inscrit clairement dans ce deuxième volet, c’est-à-dire dans le souci, de la part de l’institution psychiatrique de proposer au patient un moyen d’aller vers la guérison par la collaboration d’égal à égal entre soignant et patient. Collaboration à plus d’un titre, nous le verrons, puisqu’il s’agit de s’éclairer mutuellement entre soignant et patient dans le but d’aller vers la découverte des meilleurs moyens de guérison pour le patient. Cela veut dire qu’une fois prise en considération la souffrance dans laquelle se trouve le patient psychique, la clinique va se mettre à sa disposition pour l’aider à dérouler le fil d’Ariane de sa condition.

En faisant cette analyse ensemble, le patient et le soignant vont aller à la découverte progressive des besoins du patient, qu’il faudra ensuite mettre sur pied dans les directives. Cette approche a son importance dans la guérison du patient psychique lorsqu’on considère que la santé mentale d’un individu ne va pas sans l’attention toute particulière de ses besoins les plus fondamentaux.

En effet, si les besoins de l’individu ne sont pas comblés, autant au niveau de l’avoir qu’au niveau de l’être, il peut en résulter malaises et déséquilibres. Dans la pyramide des besoins de Maslow[1], les besoins fondamentaux de l’individu vont de la base

au sommet, avec pour les premiers, les besoins physiologiques. Ce sont par ceux-ci que le soignant et le patient commencent la vérification des lacunes éventuelles, en remontant progressivement vers les autres besoins. Les besoins de l’avoir sont constitués par les deux premiers paliers, physiologiques et sécuritaires, les besoins de l’être, eux, sont constitués par les trois derniers, d’appartenance, d’estime et de réalisation, également appelés besoins d’accomplissement personnel.


[1] La pyramide des besoins de Maslow schématise une théorie élaborée à partir des observations réalisées dans les années 1940 par le psychologue américain Abraham Maslow.

 

La pyramide est constituée de cinq niveaux principaux. Nous recherchons d’abord, selon Maslow, à satisfaire chaque besoin d’un niveau donné avant de penser aux besoins situés au niveau immédiatement supérieur de la pyramide. Sans surprise, on recherche par exemple à satisfaire les besoins physiologiques avant les besoins de sécurité. (Pour plus d’explications sur cette théorie, cf. notamment : http:/fr.wikipedia.org/wiki/Pyramide des besoins de Maslow)

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