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S’accepter ainsi, accepter sa condition, c’est faire preuve de tolérance envers soi-même, mais également de sincérité, d’authenticité, pour reconnaître ce que l’on veut vraiment changer dans sa propre existence. On sait, en effet, après avoir accepté sa condition, où sont ses forces et ses faiblesses, et quels sont les outils à sa portée pour exercer le changement de direction que l’on désire pour sa vie : mise en place de garde-fous, de réseaux soignants, choix de certains médicaments plutôt que d’autres, prévention de la rechute, et imposition du respect de tout autre volonté que le corps médical, familial ou social pourrait ignorer ou ne pas respecter lors d’une nouvelle perte de discernement.

Le tout consiste pour le patient à engager ses forces et volontés sur la base d’une acceptation de soi, elle-même fondée sur la connaissance.

Il faut dire également qu’en cas de perte de discernement, la présentation au patient de ses directives, si tant est qu’il les ait rédigées en conscience, peut lui remémorer et lui faire accepter les décisions qu’il avait prises le concernant lorsqu’il possédait tout son discernement, à la rédaction donc. La relecture de ses propres directives peut mieux lui faire accepter les contraintes qu’il s’était données lui-même au sein de ses directives, car la mémoire n’est pas altérée par tous les manques de discernement psychiques, surtout lorsque le patient a passé beaucoup de temps à travailler sur ses directives. Par expérience, on sait qu’un patient qui a perdu son discernement et à qui l’on à fait relire ses volontés, se reconnaît à travers elles, et accepte volontiers ce qu’il y a inscrit en termes de directives par le passé, avançant ainsi vers une thérapie et une acceptation de soi, claire, admise et élaborée dans ses écrits.

Les directives anticipées nous apparaissent donc bien comme un excellent moyen d’augmenter non seulement la conscience morbide du patient, mais également de lui faire accroître son acceptation de soi, préliminaire indispensable à une bonne mise en œuvre de sa volonté et de son jugement qu’il exercera ensuite dans la rédaction proprement dite des directives.

Si s’accepter soi-même est essentiel pour admettre que l’on peut parfois souffrir de maladie psychique, c’est aussi un des meilleurs cadeaux que peuvent offrir, au patient qui désire exercer sa volonté, les directives anticipées. En effet, comment décider de ce que l’on veut pour soi et son entourage si l’on ne sait pas d’abord qui l’on est, dans sa condition propre de patient souffrant de tel ou tel trouble ?

Nous pensons que le fait d’entreprendre la rédaction de ses directives sur la base de la connaissance de soi, en collaboration avec le soignant, et en augmentant la conscience morbide, amène à accomplir l’enjeu fondamental de l’acceptation de soi. Ceci amène le patient à être à même de transcrire ses volontés à partir d’une personnalité éclairée qui lui permettra d’être mieux pris en considération par soi-même et par autrui.

5. La diminution des risques et la prévention de la rechute

Dans le cadre de la maladie psychique du patient et dans tout l’historique de ses rechutes, on dénombre bien évidemment toutes sortes de causes qui appartiennent personnellement au vécu personnel du patient.

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