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2. La connaissance de soi

Lorsque le patient entreprend de rédiger des directives anticipées en psychiatrie, il est bon, voire même souhaitable, qu’il soit accompagné par un membre de l’équipe soignante qui l’a accueilli en état de crise au sein de l’institution psychiatrique ou qui pourrait en tout état de cause l’éclairer dans son parcours vers la rédaction de ses volontés. Ceci à plus d’un titre.

Tout d’abord parce que le soignant connaît mieux que le patient l’aspect clinique des médicaments que le patient peut être amené à remettre en cause lors de ses directives, dans une volonté d’atténuer les effets secondaires ou de rechercher pour lui les posologies qui seraient les plus adéquates, N’oublions pas que les directives peuvent contraindre le corps médical à renoncer à tel ou tel traitement en faveur d’un autre. Le soignant, grâce à sa connaissance approfondie des médicaments, mais également de la maladie du patient, pourra être ainsi à même de conseiller le patient tant sur les effets secondaires que sur les médicaments et leurs bénéfices, dont le patient voudrait faire usage à l’avenir.

Mais la principale raison de l’avantage de la collaboration du soignant et du patient lors de la rédaction des directives anticipées, consiste dans le fait que le soignant peut exercer le rôle de conducteur, de directeur du patient dans son parcours à travers la propre histoire de celui-ci. Ce parcours est en effet un préliminaire important à la constitution proprement dite des directives anticipées, -leur phase de rédaction-, puisque le patient va pouvoir ainsi reconnaître progressivement les éléments qui l’ont amené à tomber malade, à quitter son harmonie intérieure et à se retrouver en état de crise au sein d’une institution psychiatrique.

Ainsi, grâce aux questions éclairées du soignant, le patient va pouvoir débusquer en soi les causes passées de sa maladie, les formuler, et se rendre compte de ce qui a provoqué sa crise. C’est ce que l’on appelle la visite du passé. C’est cette reconnaissance qui servira au patient de prise de conscience pour se connaître dans ses erreurs éventuelles et admettre les failles qui ont pu faire de lui le malade qu’il a été ou qu’il est.

Sans l’aide du online casino soignant, ce processus ne peut aboutir car il manque d’un point de vue extérieur et neutre, ainsi que d’un dérouleur du fil d’Ariane du passé du patient.

Il convient de reconnaître que cette étape de visite du passé et de reconnaissance de soi-même peut s’avérer longue. Elle nécessite plusieurs entretiens afin que le patient puisse prendre la mesure d’une pleine prise de conscience des enjeux qui se jouent pour lui à cette étape de son existence. Si le patient est prêt à changer de vie, si la souffrance de sa maladie et de l’enfermement, parfois souvent répété, en institution psychiatrique, provoque en lui le déclic de vouloir changer de mode de vie, alors le soignant pourra lui proposer la deuxième étape qui consiste en la visite du présent.

La visite du présent s’exerce par un examen des manques et des besoins ressentis par le patient à tous les niveaux de son existence, en commençant par les plus basiques, comme nous l’avons vu avec la pyramide de Maslow. -Que lui faut-il, d’abord, pour vivre, comment aime-t-il manger, de combien d’argent a-t-il besoin, où vit-il, est-il en sécurité ? (besoins de l’avoir)-, pour considérer ensuite les autres niveaux de la pyramide de Maslow (besoins de l’être).

C’est ainsi, par exemple, que tel patient, avec l’aide du soignant, pourra déterminer que sa vie présente des carences et des lacunes en besoins de sécurité, ou d’appartenance à un groupe social ou familial qui ne l’estime pas assez: (besoins de l’avoir et de l’être). Des solutions