AMOUR ET CONSCIENCE, Toulouse, Ed. Mélibée, 2013

Le dolmen sacré de la mémoire

 

 

 

 

 

À l’orée de la forêt, contemple, l’esprit serein, l’ombre bienfaisante qui t’accueille pour la retraite de l’âme et du corps.

 

Tu peux, si tu le souhaites, entrer en ta tranquillité, en ce moment propice, à toi donné pour ton ressourcement, en ce lieu de bénédiction.

 

Tu peux entrer, pour ton arrêt momentané en ce monastère provisoire, sur ta route rencontré.

 

Pénètre en paix, en cette nature qui t’accueille pour ton bercement,

Pour ton apaisement,

Et qui de son sourire,

Viendra te redonner courage et force,

Sur le sentier, parfois rude, souvent âpre,

De ton existence terrestre.

 

Laisse là toute tension et tout tracas,

Dépose montre, soucis et connexions avec ton travail extérieur,

Tes connaissances, tes amis même, et tes proches.

 

Tu es ici, en ce lieu,

Pour goûter un peu à ta retraite,

En disposition, entré en ta forêt,

 

En ton ombre,

Et tu ne dois en rien de plus penser à te tourmenter,

Ni pour le passé qui a conduit tes pas jusqu’ici,

Ni pour le futur qui s’ouvrira pour toi,

Au sortir de ce point d’O.

 

Tu n’as, en ce présent,

Qui est don que le ciel et la terre te font,

Ton karma et la vie aussi,

Qu’à te recentrer pour revenir à ton « in-stant »,

Et n’être ainsi

Qu’un « Stand »

De la lignée des guides et des maîtres,

Issus de cette sagesse qui t’appartient aussi en propre,

En ton âme enfouie, mais qui remonte en ce lieu,

À la surface de ta mémoire d’homme béni

Des dieux.

 

Tu te trouves ainsi à l’hymen de ce temple sacré de la mémoire,

Qui se dit dolmen,

Et se présente à toi en providence,

Sur la route que tu empruntes.

 

Et tu peux voir de tes yeux clairs,

Le choix que tu peux faire,

De pénétrer ou de passer,

Pressé comme d’autres affairés,

Par les courants, le jogging ou les soucis,

Du cours de toutes ces affaires.

 

Ton choix dépend de l’état de liberté

Qui est la tienne en cet instant.

 

Et notre conseil pour toi,

En ce jour notre enfant,

Réside simplement en ces mots :

 

Cette phrase simple au demeurant,

Et pourtant si dure à pratiquer,

En cette vie qui s’accomplit,

Lentement :

 

« Sois libre, enfant du ciel et de cette terre de beauté,

Qui t’accueille pour l’amour et la félicité. »

 

 

 

 

 

 

 

Le Grand Livre de la Vie

 

 

 

 

 

Accomplir des actes en souplesse, cela demande expérience et temps. Les premiers pas que l’on fait sur notre chemin de vie personnel peuvent souvent être maladroits, voire peut-être manquer de confiance. Que cela ne décourage pas le néophyte, car malgré certaines critiques parfois malveillantes ou trop sévères, tous avons dû un jour ou l’autre commencer à marcher sur le sentier d’une connaissance ou d’un art nouveau.

 

Au commencement le geste est peu assuré et peut être un peu rigide. La souplesse vient ensuit, par la répétition et l’entraînement, assidu et patiemment repris, qui lentement confère à l’action son habitude et donne au geste sa dextérité.

 

D’abord le mental tente d’appliquer les règles du savoir-faire, et ce même mental s’étend, avec le raisonnement, sur une durée qui rend l’acte lent et qui demande, par là même, réflexion. Progressivement, cependant, les règles et la méthode sont intégrées, comprises puis apprises « par cœur », c’est-à-dire que le mental est abandonné au profit du cœur, ou, autrement dit, de l’intuition.

 

C’est ainsi que lorsque l’intuition vient à prendre le geste en charge, qu’elle apprivoise l’action et qu’elle se met au service de l’acte, toute la lenteur propre à la réflexion du mental s’estompe en faveur de l’immédiateté de l’intuition.

 

Alors, le geste gagne en rapidité, et, tout en maîtrisant maintenant les règles, techniques et méthodes du savoir-faire, conféré dans un premier temps par la réflexion mentale de l’apprentissage donné au néophyte, il devient intuitif, oubliant les règles elles-mêmes tout en sachant les appliquer « par cœur ».

 

Cet art de l’intuition acquis avec exercice, suivant une pratique longue et assidue, et grâce à une expérience ayant certainement connu divers échecs et chutes, peut s’appliquer à toute action humaine, et au final, à toute création artistique.

 

C’est ainsi que dans le domaine de l’écriture proprement dite, celui qui d’abord s’est patiemment astreint à apprendre les règles d’orthographe, puis en a fait nombre d’exercices, de même que les règles de grammaire, de syntaxe, de rhétorique et enfin, qui a approché les systèmes philosophiques, en ayant étudié leurs règles de construction, et qui s’y sera exercé patiemment, longuement et avec ferme détermination, pourra, avec le temps, voir son intuition lui dicter un certain art d’écrire, plus immédiat et plus sûr que ne pourra le posséder le débutant sur ce parcours.

 

Il en va de même pour les arts de la sculpture, de la musique ou de la peinture. L’inspiration compte pour 1 %, — quand bien même la transpiration aurait une part de 99 % — dans le processus d’excellence des génies, si l’on en croit une idée répandue, attribuée à Thomas Edison.

 

La fluidité de l’acte, ainsi que l’aptitude à concrétiser ses idées, viennent donc fondamentalement du travail préliminaire que chaque homme doit accomplir dans sa prime jeunesse puis tout au long de son existence, s’il veut acquérir fluidité, souplesse, maîtrise et dextérité en son art. Tout son corps, cerveau inclus, deviendra ainsi un outil au service de la pensée, au service de l’idée qui est, accordons-nous sur ce point, accordée à l’homme par l’« inspiration ».

 

Le matérialiste soutiendra que toute idée n’est générée que par l’organe physique du cerveau. Pour le spiritualiste, cependant, et ce depuis les philosophes de l’Antiquité la plus reculée, — dont Platon —, l’idée appartient à un domaine non matériel, que l’on appelle, faute de mieux, « céleste », « divin » ou « spirituel ».

 

Elle nous est donnée, à travers le cerveau, organe physique qui la reçoit et la met en mots, en concepts, ou en musique, en forme, quelle qu’elle soit. L’idée, ici, est considérée de nature purement spirituelle : elle est une étincelle de lumière, et surgit, ou descend d’un « ciel » qui nous dépasse infiniment.

 

L’outil qui peut la recevoir et l’exprimer, — disons : la traduire —, n’est que le corps matériel de l’homme, cerveau qui dispose d’un contact avec l’esprit, l’intelligence et le mental. Ainsi, plus cet outil sera performant, rapide et entraîné, rompu à son aptitude de traduction et de concrétisation des idées qu’il reçoit, et plus l’artiste sera fécond.

 

Ceci pour la production et pour la concrétisation matérielles.

 

Bien entendu, il convient alors de poser la question, également, de la connexion de l’esprit humain au ciel des idées. Novatrices, elles viennent de ce Grand livre de la Vie, tant il est vrai que celui-ci, et cela se présente ici comme hypothèse, n’est pas encore pleinement totalement révélé à l’humanité.

 

La Tradition, spirituelle et philosophique de l’humanité, artistique également qui la dévoile, ne peut pas avoir, pour ne parler que de ce seul domaine (mais il reste tous les autres domaines des arts et métiers comme de toutes les inventions techniques et technologiques), avoir tout révélé du grand mystère « de l’homme, de l’univers et des dieux », pour reprendre la formule du fronton du Portique de Delphes, qui frappa la mémoire de Socrate en son temps.

 

C’est ainsi que la connexion spirituelle de l’homme à cet au-delà de lui-même, que l’on peut dire « divin » ou « idéal », ne peut s’établir que si l’homme affine et purifie son lien avec le royaume de l’esprit.

 

Celui qui ne s’occupe que de la matière, l’homme ignorant voire même enlisé dans la passion ou la concupiscence, liens surpuissants avec la matière et voile de l’esprit, nullement intéressé à développer une quelconque connexion avec le règne spirituel, par biais de son cœur, son âme, son intelligence et sa conscience, aura peu de chances d’agrandir en lui le pont entre la terre et le ciel des idées, ou disons mieux, ce royaume spirituel et divin, d’où vient l’Idée.

 

On peut toujours postuler que l’homme est à lui seul origine et créateur de tous les changements et de toutes les concrétisations en ce monde, de toutes les idées et intuitions qui ont apporté les transformations que la terre a connues en son étrange et merveilleuse histoire. Chacun doit être libre et respecté dans ses opinions.

 

Cependant, que l’on s’interroge sur l’étonnante progression et le bouleversement technologique des cinquante dernières années de notre terre en asymptote verticale. Jamais dans son histoire, notre monde n’a connu une avancée technologique, d’idées et d’inventions si fulgurante et foudroyante.

Je vois pour ma part ce phénomène comme une douche puissante de lumière descendue sur des hommes inspirés, qui par ces idées nouvelles ont réussi à transformer le monde et se sont fait apprentis sorciers eux-mêmes.

 

Si le résultat peut être regardé comme éventuellement malheureux en certains points, c’est que le progrès demande quelque ajustement, et que tout avancement demande, au début, régulation. Mais qu’on ne s’y trompe pas, je pense que nous approchons d’un temps où l’homme va maintenant apprendre à mettre ses efforts en commun, à se solidariser dans la bienfaisance de ce monde, et à s’unir, tout en respectant son espace et ses frontières propres, pour plus de beauté, de paix et de santé, individuelle et collective.

 

Ces changements, ces apports vers la beauté et la clarté, pour plus de simplicité et de bien-être, pour davantage d’amour et de paix, ne sont certainement pas dus au fait de volontés individuelles et matérielles de personnes isolées, d’hommes de toute façon ignorants du destin du monde comme de l’origine elle-même de leur propre existence et de la raison de leur présence sur terre ; mais certainement plutôt d’un ordre supérieur et transcendant, d’une harmonie qui descend sur la terre, par idées spirituelles, par loi universelle de Yin-Yang, de Tao, et finalement suivant le principe ordonnateur de toutes choses, le Logos d’Héraclite, de saint Jean, « qui est feu », ou lumière, qui est également la Providence ou divinité, quel que soit le nom qu’on lui donne.

 

Notre rôle, à nous hommes de ce siècle, reste ainsi de nous affiner dans notre aptitude à savoir agir, car c’est par l’acte que nous pouvons nous accomplir et concrétiser toute idée, et ainsi aider l’idée, l’esprit, à transformer et à illuminer la matière par notre truchement.

 

Notre rôle, à nous créateurs, puisque la félicité provient également de la création, est celui de raviver notre conscience spirituelle afin de nous ouvrir à ce royaume de l’esprit, par notre conscience, et d’en recevoir les lumières, comme autant de paragraphes du Grand livre de la Vie, et de pouvoir les exprimer, qui en paroles, qui en sculptures, qui en notes, qui en splendeurs de toutes sortes, dans l’être, pour la plus grande joie de tous ceux qui viendront à les percevoir et à les rencontrer sensiblement.

 

Il n’est que d’être des ponts entre la terre et le ciel pour apporter la beauté ici-bas, et ce n’est que par notre travail, entrepris avec une ferme détermination, doublé de patience, compréhension et douceur, que nous pourrons atteindre ce si bel objectif.

 

 

 

Le mystère de ta condition

 

 

 

 

 

Au nombre de tes années,

Passées de vie en vie,

Compte combien d’étapes franchies sont les tiennes.

 

L’oubli, n’en aie cure.

Écoute simplement,

Par ton être qui te dit,

Ce que tu as moissonné de fruits

De connaissance et de sagesse.

 

Entends l’écho de ton expérience,

Issue du voyage de tes galaxies.

 

Tu es enfant des étoiles,

Et tu viens de la cité lointaine des dieux,

Étincelle divine que tu portes en ton sein.

 

Ton périple et ton voyage,

Par-delà lieux et saisons

Te portent et te transportent à nouveau vers la cité

Qu’un jour tu quittas,

Pour connaître la purification,

Et porter, en émissaire, le message

Du dieu que tu es.

 

Écoute l’écho de ton être

Et l’appel de ton cœur, pèlerin en ce monde.

 

Va par monts et par vaux,

Allume les flammes des torches éteintes

Que tu rencontres en chemin,

Et ainsi éclaire

Ce que tu rends sacré par la lumière

Que tu fais advenir sur terre.

 

 

Ne porte ton souci

Que sur les pas que ta force te permet d’accomplir

Pour aller, serein et heureux, à travers le mystère

De la vie qui se dévoile devant toi.

 

Enfant des étoiles, enfant du ciel,

Tu es également enfant de la terre,

Et à ce titre-là, tu peux recevoir toute l’énergie,

La douche pulsante et lumineuse

Qui monte aussi d’en bas.

 

Marche sur elle, pousse tes racines en elle,

Par les dons que, du ciel et de ton voyage, tu reçus.

 

Crée, puisque tu t’en sens le rêve et l’envie,

Affine ta perception et ta réalisation spirituelle.

 

Et reçois alors l’abondance

Pour les besoins que ton corps d’homme éprouve,

En ce monde où tu te trouves,

Pour un temps.

 

Souviens-toi de tes talents reçus,

Et sache que tu es à même de les mettre à profit, ou non.

 

Ta liberté jouera, ici, peut-être en faveur de tes proches,

En cercles concentriques,

De tes frères en humanité,

Et de tes suivants,

 

Pèlerin, marcheur et créateur,

D’après tes astres, ton appel et ton nom.

 

Voici pour toi,

Donné,

Le mystère de ta condition d’homme,

Et de ta divinité.

 

 

 

Le pain et l’inspiration célestes

 

 

 

 

 

Le silence était revenu, en un soir d’hiver parmi d’autres. Dans son alcôve, un homme, ayant délaissé, pour un temps, travail et occupations journalières, penché sur son âme, méditait.

 

Au soir de cette journée, il pouvait voir le bienfait du labeur accompli.

De cette expiration, il en éprouvait maintenant le besoin de l’inspiration lente et profonde qu’il demandait, doucement et humblement, à plus haut que lui.

 

De son regard d’homme, porté sur son cœur, élevé de sa conscience et ouvert à l’esprit, il attendait, et voici ce qu’il entendit, en nouveauté, pour son existence, en vue d’un partage qu’il souhaitait également avec les hommes auxquels il pourrait désormais offrir ces pensées :

 

« Vogue l’esprit de l’homme en connexion avec les profondeurs de l’univers, en connaissance à accomplir.

Le parcours est infini de la pensée qui se donne

Pour inciter l’homme à faire ses pas sur cette terre,

Et ainsi à connaître l’expérience que son inspiration lui aura motivé de vivre.

 

Tu t’apprêtes à recevoir, selon ta nature,

L’inspiration de ton action future.

 

Que tu sois créateur, artiste, poète ou enseignant,

Commerçant ou artisan, ouvrier ou médecin, agriculteur ou autre,

Si tu ouvres ton esprit à l’inspiration du ciel,

Tu obtiendras direction et vocation,

Envie et besoin d’actions nouvelles pour ton existence.

 

Ainsi, prends le temps, délecte-toi de moments,

Le soir venu, une fois ton travail quotidien accompli,

Pour demander au ciel,

Inspir, après expir[BR1] .

 

Rallume ainsi la flamme de ta bougie intérieure :

Elle éclairera ta vision,

Te donnera lucidité

À l’heure de penser, de parler et d’agir.

 

Cultive cette relation avec ton Dieu,

Qui est ta source de vie,

Car ainsi tu demeures enfant de la vie,

Gardé et protégé par la Providence

Qui donne, donne, sans jamais s’épuiser.

 

Tu reçois et tu donnes.

Tu reçois et tu donnes.

Ainsi, la vie est cycle de flux et de reflux,

Respiration éternelle

Entre une expiration et une inspiration,

En tout.

 

Tu peux contempler et méditer le symbole béni du Yin et du Yang.

Le Yin se donne dans le Yang, le Yang se donne dans le Yin.

Et le Yin contient le Yang, et le Yang contient le Yin.

 

C’est le secret de l’infini de la vie et de l’univers

Dont toi aussi tu fais partie.

 

Il est pour toi donné,

En signe d’harmonie, de balance, d’équilibre,

Pour la contemplation

De la justesse de tes actions. »

 

 

Ayant terminé d’écouter ces pensées, l’homme garda sur elles un long moment de silence.

La bougie brûlait toujours, paisible, face à lui, de sa flamme parfumée. Dans son gîte, il se sentait désormais réconforté, et proche du Ciel et de lui-même, en son cœur empli de la conscience de ne faire plus qu’un avec le Grand Tout.

 

Progressivement, il comprenait qu’aux soirs de ses journées de travail, alors qu’il avait expiré longuement pour gagner son pain, beaucoup plus que son pain et que son expiration, un autre pain et un autre souffle lui étaient désormais promis et nécessaires, tout aussi essentiels à son équilibre :

 

Le pain et l’inspiration célestes.

 

 

 

 

 

 

 

Le pays de ta promesse

 

 

 

 

 

Hormis le connu de ton âme,

Se trouvent devant toi l’expérience à faire,

Les racines à pousser toujours plus loin,

Afin de toucher un peu plus,

Le ciel de tes cimes

 

Sur ton avancée, poursuis ton chemin,

Sans crainte de la perspective de te séparer,

Un jour peut-être,

De ton foyer, de ton conjoint, de tes enfants,

Et de toutes tes possessions.

 

Nu tu es venu sur terre, nu tu en repartiras.

 

Si tu marches avec l’esprit de nudité,

Malgré tout ce que la vie te met entre les mains,

Tu agis en homme détaché,

Et demeures ainsi libre,

Toutes voiles ouvertes et ancre levée,

Pour le périple de ta vie.

 

C’est alors que tu t’ouvres aisément à l’inconnu, au nouveau,

Qui pour toi se donnent et s’offrent en cadeau,

Pour ton expérimentation, en pain et source de connaissance,

De leçon, d’affinage et de perception.

 

Ta sagesse grandit à travers cette nouveauté

Vers laquelle tu t’orientes par ton ouverture d’esprit ;

 

Et de tes vœux tu appelles à toi la manne de ce donné

Qui te vient de la vie à laquelle tu t’offres,

En enfant de la terre, du ciel et de l’univers ordonné.

 

Avance sans crainte et sans attaches,

Sans retour en arrière et sans remords,

Ainsi qu’en gratitude pour les leçons du passé,

Car elles t’ont toutes un jour fortifié

Et transmis de leur sagesse.

 

Rends-toi disponible,

À l’heure d’accueillir la musique d’avenir que tu méconnais encore,

De découvrir les horizons qui s’ouvriront, neufs, à toi,

Et de frayer sur les chemins

Que tes pas encore n’ont pas empruntés.

 

C’est alors que ta joie te donnera ses ailes

Pour t’envoler vers les contrées de la nouveauté,

Et de cette lumière

Qui n’a de nom que le bonheur et la félicité.

 

Car c’est là le pays de ta promesse

Auquel tu es destiné,

 

Toi, enfant de la liberté.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Sage à l’orée de la forêt

 

 

 

 

 

 

Le Sage méditait un jour à l’orée du bois.

 

Assis sur le rocher sur lequel le hasard l’avait posé, il laissait ses pensées divaguer sur le monde et les hommes, sur leurs existences et surtout sur le cours de la Nature qu’il contemplait ici, en joie profonde et claire, lucide et calme.

 

Le silence se faisait, et de cette éternité donnée, quelque lumière vint alors le visiter, qui de ces mots tomba en son esprit et lui parla :

 

« Un monde se présente à toi en sa nature.

La naissance appartient à tout homme et se dit inexorable

Qui suit toute mort

Et achève les cycles d’existence.

 

Vois comme aux branches dénudées de l’hiver

Suivent au printemps renouvelé

Les myriades de fleurs multicolores

Et la rivière qui recommence à couler.

 

Il en est ainsi de la vie de tout homme

Qui se renouvelle toujours

Lorsqu’une mort en elle s’est achevée.

 

Vois, de ton œil avisé, que la peine n’a pas sa place

Lorsque tu sais contempler ainsi

La nature et la loi de toute chose,

 

Qui se disent en cycle et renaissance,

En nouveauté après destruction,

En pardon après chaque blessure.

 

Sache reconnaître aussi mon arbre

En tout ce qui fleurit,

Lui dit encore la Vie,

En tout ce qui porte des fruits,

Des fleurs, et des feuilles,

Et là où coule la rivière

D’espérance et de paix. »

 

Ainsi parlaient au Sage les êtres de la forêt, et, sur son rocher, la voix douce des elfes et des anciens de la forêt ne pouvait que le consoler et le fortifier, au temps où le monde en passage éprouvé et en portes à passer, de cycles de destruction vers un nouvel âge à vivre, se trouvait et se préparait.

 

Il savait, cet être apaisé, que demain son appel le conduirait parmi les hommes pour transmettre à son tour le message de la forêt, entendu dans sa sereine contemplation et en ce silence qui n’est que voix de l’appel et du destin.

 

Il savait aussi l’importance de ces temps de retraite et d’adoration vers les êtres de nos chemins, pour la paix et l’espérance à donner à ce monde en pertes de repères et si remplis de son chagrin.

 

Enfin, par-dessus tout, il savait que ce n’était que Justice que ce n’est que par l’amour, la dévotion et la sagesse que chaque homme vient au vrai, à l’un et au bon, pour voir en face la beauté de cette vie nouvelle…

 

…qui s’ouvre à nous en éternel printemps.

 

 

 

 

 

 

Le service de dévotion

 

 

 

 

 

Suprêmement élevé se trouve l’homme qui a atteint l’état où il voit l’indifférent, l’impartial, le bienfaiteur, l’envieux, l’ami et l’ennemi d’un œil égal.

 

En effet, pour un tel homme, éprouvé par mille et un combats, ayant ainsi atteint, par-devers cette existence et les innombrables autres, la vision par laquelle il a acquis cette lucidité, il a reçu, sans nul doute, la grâce de la liberté suprême et absolue d’aller de par le monde, en homme désormais serein de toute critique, préoccupation d’autrui, et ainsi d’être apte à vaincre toujours au combat, en prévoyant que de ces six sortes d’hommes, auxquels il a toujours affaire, nul d’entre eux ne pourra jamais briser sa détermination ou mettre un frein à son service d’amour et de dévotion.

 

 

 

 

 

 

 

Le Sphinx

 

 

 

 

 

L’épreuve, vécue en nos pas éprouvés, sur le chemin incertain et toujours nouveau, de notre horizon incessamment ouvert, suivant l’avancée du vaisseau de la connaissance sur lequel nous sommes embarqués, nous apprend plusieurs vérités, sur le monde, ses habitants, nos frères en humanité, nous-mêmes, et finalement la loi de l’univers auquel nous sommes soumis, en accord avec son créateur ultime et suprême, notre Dieu de félicité.

 

Dans l’œil du cyclone, lorsque même les plus proches de nos proches s’en sont allés de nos côtés, et que seuls, dans notre nuit la plus sombre, nous nous retrouvons, en quelque lieu, en quelque temps, que la Providence de notre destinée a bien voulu placer là pour notre initiation, en solitude et méditation obligée, pour le passage à une nouvelle naissance, nous avons à combattre le Sphinx et ses énigmes, si nous voulons passer la porte de notre prison, et renaître ainsi de notre passé.

 

Car il s’agit de comprendre que tous nous sommes sur terre en prisonniers, destinés à une libération progressive des griffes du karma personnel à chacun, c’est-à-dire, des conséquences des actions, des paroles et des pensées passées, et qu’ainsi nous avons à dépasser nos actes, karma (ie « action ») personnel, et à en ouvrir les portes dans lesquelles nous nous sommes enfermés, corps, mental et cœur, âme, esprit et conscience, pour accéder, par paliers et spirales ascendants, vers notre plus grande libération.

 

Les portes s’ouvrent toutes, avec temps et patience, cependant, mais les clés sont gardées par des Sphinx, à tête de femme et corps de lion, et leurs questions doivent recevoir de nous, réponses et attitudes impeccables, bon combat, pour accession à l’ouverture de la porte, et la réception de nos clés, tel saint Pierre, qui reçut les clés du royaume des cieux, du Christ lui-même.

 

Ma solitude aux temps de l’épreuve, sur le lieu maudit et tout à la fois béni, d’un péage autoroutier à hauteur de Dijon-Crimolois, en juillet 2012, où je passai plus de trente heures, désemparé, sans assistance, dépourvu de téléphone, d’argent, de voiture, dormant à la belle étoile, sous l’orage, et sans personne qui me prît en charge pour me ramener chez moi, à Lausanne, me fit penser à cette halte devant le Sphinx.

 

Béni soit Krsna[BR2] , béni le Sans-Nom, béni celui qui ordonne la loi de notre destinée en Providence ordonnée qui sur notre route nous place ainsi des Sphinx et des gardiens qui nous demandent et nous imposent de telles haltes. Bénis soient ces arrêts qui nous forcent à répondre et à mûrir sur le monde et sur nous-mêmes, et ainsi à nous élever vers la compréhension et l’atteinte d’une sagesse et d’une force supérieures. Bénies soient les clés qui nous sont ensuite délivrées pour l’entrée en terre nouvelle, et bénie soit ainsi la vie et ses arcanes.

 

De cette halte à Dijon-Crimolois j’aurai retenu l’existence bien réelle des Sphinx et des énigmes qu’on peut être conduit à résoudre, et qui, au final, sont du ressort de l’existence, du passé, et du rêve personnel de chacun.

 

Il est ainsi bon de se rappeler, comme le disait La Fontaine, que devant le Sphinx, toujours « patience et longueur de temps, font plus que force ni que rage… »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le temple de lumière

 

 

 

 

 

À la faveur d’un lieu retiré, se pencher sur le silence, et détendre son être des vagues et des tensions accumulées lors du voyage entrepris.

Avec temps, et flux des choses en don d’elles-mêmes, se laisser aller au ressourcement de soi, puisant ses forces dans la nature environnante, qui sur un lac souriant, qui sur de vertes collines où l’on se laisse vaguer, qui au centre d’une forêt où l’on a pénétré.

 

Puiser ses forces, ainsi, au contact de la création, fuyant les bruits, les pollutions et les masses, et descendre au tréfonds de soi pour trouver le lien intime avec la source de son être en épanouissement.

 

C’est alors que, si l’on ose entreprendre la parole avec cette source, qui n’est autre que soi, sise en soi, et que l’on se parle à soi-même comme à cet autre en soi, en profonde intimité et confiance, laissant ensuite un temps pour la réponse demandée, on percevra, en notre pensée ouverte, le don d’une parole à nous donnée.

 

Le don de ce verbe, qui nous est fait, depuis notre silence, depuis notre retraite, notre communion, et en source, est alors splendeur de révélation, autant que Parole intime d’amour pour notre être, qui ainsi communie avec le divin qu’il porte en soi.

 

Ce sera là réponse à notre initiative de parole, et ainsi dialogue, fruit de la relation intime que nous aurons entreprise avec la lumière que nous portons en notre esprit.

 

Car nous sommes « temples de l’Esprit », et, lorsque nous savons nettoyer ce temple, par le silence, la fuite des masses et du bruit, la purification existentielle et la communion avec la nature, nous nous mettons en contact avec la Lumière qui y habite, à condition de la tenir pour vraie, pour présente en nous.

 

C’est dire, ici, l’importance de la foi en cette conception même, en cette vision de nous-mêmes en tant que « temples de la Lumière ».

 

Si nous ne nous voyons pas ainsi, mais seuls corps pensants, déterminés à posséder des biens matériels et à nous agiter en ce monde pour gagner et accumuler des biens et des richesses, frayant en lui pour en jouir et nous divertir, il est clair que la relation à cette « Lumière », autant que notre initiative de « la Parole » resteront choses impossibles.

 

Mais pour l’homme empli de la vision du « temple de l’Esprit », pour celui qui désire écouter en lui une parole donnée en dialogue, et enrichir son cœur, son âme et tout son être de cette sagesse divine, le retour à cette clarté se présentera alors comme une fin, comme une nécessité de premier ordre, et tout autre divertissement ou jouissance perdra alors, naturellement, de son attrait premier.

 

Peu importent les chemins de l’aventure de l’Esprit.

Qu’il demeure simplement certain, qu’en ayant pour soi la certitude qu’en entendant et en ayant foi en les paroles du maître Jésus : « Vous êtes les temples de l’Esprit » et « Vous êtes des dieux », l’homme peut accéder au dialogue.

 

Par quel biais ? Je l’ai dit : par la parole, la pensée, la prière et l’adoration, en relation avec cette autre parole, qui se disait aussi « Logos » en grec, — comme le mentionnait déjà dans l’Antiquité, Héraclite —, ou « verbe », — tel qu’en parle l’évangile de saint Jean —, et qui nous parvient simplement de la lumière spirituelle que nous portons en notre temple, en notre être propre, en notre cœur lui-même.

 

Alors, par ce dialogue, l’homme reçoit confiance, courage et sentiment de protection, sous laquelle il peut se placer désormais, à l’heure de cheminer, de s’incarner et d’agir dans le monde où il se trouve placé pour son aventure existentielle.

 

En son temps sur terre, imparti pour son expérimentation et son perfectionnement, l’homme peut ainsi jouir et bénéficier de cet appui et de cette mise en relation avec la divinité, cette lumière qu’il porte en lui.

 

Ceci n’exclut en rien la diversité des chemins, des formes de religions, les accommodations diverses que les voies spirituelles du monde peuvent enseigner. Que chacun se sente libre de ses choix. Cependant, que tout homme puisse être conscient, à l’heure de vouloir cheminer vers le divin, que la liberté de s’ouvrir vers la source commence en soi-même, par la demeure en des endroits retirés, par la communion avec son être intime, et par la parole donnée à la source que l’on porte en soi.

 

Car chacun, au final, est appelé à devenir maître de soi, non des autres, mais de soi. C’est ainsi, que si l’on exerce un pouvoir, quel qu’il soit sur nous-mêmes et que l’on nous enjoint de suivre des préceptes, des règles et des morales qui ne nous conviennent pas, nous devons les rejeter, et écouter notre vérité personnelle, en nous rappelant que notre liberté s’arrête là où commence la liberté d’autrui.

 

C’est aussi dire que nous devons tout faire pour tenter d’élever la conscience de nos frères vers la beauté, qui est joie et clarté, lorsque nous aurons vu en nous, la splendeur des trésors que notre source, en sagesse et depuis notre temple, nous aura progressivement révélés.

 

 

 

 

 

 

 

Le vaisseau de la connaissance

 

 

 

 

 

Au gré du vent qui te pousse avant, lève grand tes voiles et laisse ton navire suivre le chemin de sa destinée, en découverte des personnes et des gens qui, sur ta vie, nouveauté et rencontres, expériences et fleurs de beauté, ont à placer.

 

Ouvre les mers nouvelles, découvre les horizons à jamais entrouverts, et vois les mille nouveaux feux, rouges, violets, roses et orangers, jaunes et lilas, de ces mille nouveaux couchers et levers de soleil qui ta vie et tes nombreuses existences viennent nourrir et embellir.

 

Apprends, et apprends toujours plus que devant la lumière du couchant et du levant, tu n’auras qu’à t’émerveiller et ouvrir les yeux en t’endormant ou en te réveillant, pour t’éveiller toujours plus à la vie elle-même, qui se dit en « Voile d’Isis » pour toi s‘ouvrant à ta nature en épanouissement.

Car Isis est « la nature », et reine et dame de tout ce qui doit être révélé à l’homme, des mystères du monde, de L’univers et des dieux. C’est pourquoi elle porte un voile, et que ce voile se lève devant l’homme qui entreprend de s’embarquer, un jour, sur « le vaisseau de la Connaissance ».

 

*

 

Alors, devant l’aube naissante de ton existence nouvelle, et sur la terre que tu atteins en lumière, tu verras, — et c’est déjà beaucoup — tout ce qui t’avait été promis jadis, venir à toi et t’être présenté, comme un don, et la récompense de tous tes voyages et de tes pèlerinages, jusqu’à cet Éden de beautés et de clartés multiples.

 

Par leurs mille oiseaux multicolores, elles te diront, en chants nouveaux, que tu auras accosté là où les marins des mers et des océans du monde entier rêvent encore d’accéder, depuis les cales des bateaux en déshérence, qui souvent sont les leurs, lorsqu’encore ils traversent patiemment leurs mers obscures.

 

Heureux seras-tu alors, sur la plage de ta destination, marin au long cours, toi qui sur le vaisseau de la Connaissance te seras un jour embarqué, et auras pu enfin atteindre le rivage, qui marquera la fin de ton périple sur l’océan de la souffrance.

 

Isis se donnera alors à toi, homme fils de l’homme, et tu connaîtras la femme en sa « nature » révélée, en sa royauté et sa divinité de mystères révélés.

 

Alors tu auras « connaissance » et « naissance à ton union » entre le féminin et le masculin et tu engendreras en toi ton « fils complet » masculin totalement et féminin totalement, tout Yin et tout Yang, Yin-Yang, harmonie absolue, maître, et en cela il sera dit « unité », « un » et donc « unique » ! » : le fruit du Yin et du Yang, qui sera sagesse et maîtrise, blanc et blanc infinis[BR3] .

 

Il sera donc « fils de l’homme », « fils un », « fils unique ». Et « dieu », par opposition à ces marins sur les mers en souffrance en ignorance : lui, saura, lui aura la connaissance et la sagesse. Il sera fruit de l’union du père et de la mère cosmiques et divins.

 

Il sera « toi » réalisé, simplement, ni plus ni moins. Il sera « toi » divinisé. Toi fait dieu-acte.

Il sera « Tao », aussi. La Vie. La Vérité. Et la Voie.

 

Pour cela, on dit qu’il portera la bénédiction de l’huile divine et sacrée, qui se dit : « l’Onction divine », ce qui se traduit en araméen par : Messiah : « Messie » ; et en grec par : Chrestos : L’« Oint » : Et qui ne veut pas dire autre chose que : le « Christ », tout simplement.

 

 

*

 

 

Ces paroles du Grand Livre de la Vie, médite-les, mon enfant, elles portent en germe la compréhension de ton avancée et de ton initiation. Et s’il est juste qu’aujourd’hui tu les aies entendues, il te faut maintenant les vérifier, passer par le chemin de leur authentification : éprouve-les toi-même sans les croire, mais en cherchant à en vérifier par toi-même le bien-fondé et la vérité.

 

Lorsque tu en auras fait par toi-même sens et justification, évaluation et pondération et que tu pourras dire : je les comprends, les fais miennes et peux les toucher de la racine de mon expérience, alors tu les auras fait vivre et ce sera toi qui seras sur la plage de la connaissance, et qui ne seras plus la lettre mais l’esprit de ce message.

 

Alors tu seras transmetteur à ton tour, et tu n’auras plus besoin de rien lire en termes de vaisseaux de la connaissance, puisque sur la rive tu auras déjà quitté le tien, lui que tu auras emprunté pour ton long voyage en tes mers intérieures…

 

 

 

 

 

 

 

Les dons terrestres et célestes

 

 

 

 

 

Laissant couler mes pensées sur le papier, je m’adonnais, en un soir de printemps nuageux, à mes vacances. La feuille blanche s’étirait sous mes premiers mots, noir sur blanc, et je demandai alors au Grand Livre de la Vie d’y inscrire un paragraphe nouveau.

 

« Accueille en ta pensée les mots qui te viennent, de ton cœur nourri de la présence de l’amour » me vint alors en premier…

« Ouvre le message de la vie par la confiance, faite à ce qui advient, en rencontre à ton ouverture, en suite à ta requête. De la confiance ainsi faite, les bras s’ouvrent pour accueillir l’inespéré, en inconnu qui s’offre à nous.

L’amour enveloppe cet inconnu et l’apprivoise, le faisant sien, l’assimilant dans son intime expérience. Confiance, amour. C’est un regard porté sur la vie qui s’ouvre devant toi, sur la vie qui advient comme une sœur, comme une mère, comme l’amante de ton cœur, avec les dons qu’elle t’apporte. Par ta compréhension, qui est accueil et recueil, tu engloberas ces cadeaux faits à toi tout au long de ton avancée, et tu les magnifieras pour les transformer ainsi et les donner à ton tour à ceux que sur ta route tu croiseras.

Ainsi nulle crainte n’est requise à celui qui se trouve devant la page blanche de son soir. Simplement la confiance au moment de voir, ou non, mais de prier toujours qu’advienne le nouveau, ces nourritures terrestres et célestes dont nous avons tant besoin, nous, enfants de la vie. Pour donner, nous devons recevoir, et pour recevoir nous devons donner. Quoi donc ? Simplement notre confiance et notre requête, notre prière. L’abandon à notre mère la terre et à notre père le ciel est tout ce qu’il nous faut pour remplir le livre de notre vie. Le travail vient ensuite d’assumer les dons reçus et de les faire fructifier, pour les redonner magnifiés, en cadeau et pour l’harmonie de l’univers qui se donne en expansion.

 


 

 

 

Les tout-petits

 

 

Un café qui fume au matin pluvieux d’automne et tout le bonheur est là. Hier mon enfant de quatre ans qui se blottissait dans mes bras, me disait : « Je t’aime, Papa ». De cette mémoire mon cœur s’emplit et chante sa choie sans partage qui par son chant prolongé se dit au son de la cloche que j’entends et me rappelle qu’en cette terre de beauté le don nous est fait de nous aimer autant que la Vie qui nous est donnée.

 

Des petits riens, qui portant deviennent des touts, nous abreuvons nos existences et nous donnons à nos alentours ce bonheur dont nous seuls en espoirs promis pouvons nous voir enfants bénis par la Providence accueillis.

 

Merveilles et bénédictions sont pauvres en mots, à l’heure du sentiment de plénitude et de cette gratitude infinie qui comble le cœur d’un homme, qui suite aux âpres combats d’une vie menés, se trouve en présence d’un pardon et d’un bonheur à recevoir, et à donner.

 

Pour peu que l’on apprenne à se faire petit, et à aimer les petites choses qui en ce monde viennent à se montrer aux yeux de ceux qui les ouvrent, d’un regard neuf et attendri, la vie vient à s’ouvrir elle aussi, et le don de ce royaume dont beaucoup parlent et que peu connaissent, vient à ceux qui en tendresse, ouvrent le cœur de leur esprit.

 

Connaissance et bienveillance ne se disent qu’avec l’enfance de ceux qui trop de leur méfiance ont enduré, et, fatigués de lutter, laissent là armures, épées et boucliers, heaume, casques et destriers, pour entrer, blessés, au château de leur belle, recevoir le tendre et doux baiser du chevalier qu’ils ont été, par monts, vaux, plaines et déserts, jusqu’à cette montagne sacrée, atteinte enfin, pour s’endormir mais éveillés, à leur tour, quittant la scène et le rêve du monde, pour avoir franchi la porte ultime de cette dernière tombe.

 

 


Liberté et prédestination

 

 

 

 

 

À la portée de chaque homme, se trouve son droit à l’autodétermination. Point n’est d’excuse à l’heure de se complaindre dans un rôle de victime, soit de ses parents, de son éducation, de la société, où l’on a grandi ou vécu. Point n’est de fuite acceptable à l’heure où l’on se refuse d’accepter de prendre en charge sa liberté propre d’être humain, forgeant ainsi par ses décisions, le cours de son histoire personnelle.

 

Il est certain que la vie nous donne un lot personnel, un conditionnement à chacun unique, avec lequel tout individu se devra de composer. C’est le « cadeau » de notre naissance et ce que l’on pourrait appeler la « mémoire de notre âme », si l’on croit, — par ailleurs, — que celle-ci ne vient pas « vierge d’expérience », sur cette terre, et pour cette existence impartie pour un temps donné.

 

Reste, qu’à partir de ce donné, de ce conditionnement, qui se renouvelle par l’apport de la Providence et des aléas de l’histoire, la Vie nous affuble également de ce par quoi nous avons le choix de penser, de parler et d’agir tel que nous le voulons, par la force de notre volonté, face à ce donné originaire et sans cesse en renouvellement : notre liberté personnelle.

 

En mouvement, nous recevons conditions et difficultés externes, et en mouvement également nous apprenons à pouvoir en faire fi, à savoir les dépasser, pour nous construire en hommes et en femmes libres, et nous forger ainsi conscience morale, sensibilité affective, et intelligence propres, en discernement et sagesse toujours plus fines.

 

C’est que le temps nous est donné, dans la sagesse des lois de notre univers, et par le temps, nous sommes plongés en processus d’évolution personnel, qui nous permet ainsi cette construction, de rudesse en clémence, de notre liberté.

 

Car si nous venons sur terre dans le moule d’une famille, d’un pays, de tel ou tel climat social, de telle ou telle origine ethnique, et « bénéficiant » de faveurs ou de défaveurs intellectuelles, économiques ou politiques, nous pouvons également, au gré des difficultés, nous élever ou non, par l’usage de notre détermination, de notre labeur et en fonction de notre rêve personnel, vers les buts de félicité que nous nous serons fixés.

 

Ainsi, l’autodétermination est à mettre en avant dans tout discours sur ce que l’on se plaît parfois à nommer « prédestination » ou, — à tort, — « Loi du karma ».

 

On entend parfois des voix s’élever pour se plaindre, qui s’excusent de leur sort en disant : « C’est mon karma ! ».

Le karma, — rappelons-le ici — n’est que le mot sanscrit que l’on peut traduire par action, et qui peut être, dès lors, envisagée comme se poursuivant, dans ses conséquences, d’existence en existence, jusqu’à ce que la perfection de l’homme soit atteinte, la maîtrise et la sagesse acquises.

 

Que nous venions au monde suivant les conséquences des actions précédant cette existence présente, ne me paraît pas un concept absurde. Cependant, que nous ne puissions pas nous déterminer, pour en relever les défis, conditionnés, quant à eux, par les conséquences de nos actes passés, de nos mémoires, et ainsi changer les conditions originaires de notre vie, guérir les plaies du passé et surmonter les leçons qui nous restent à apprendre au cours notre existence, maintenant proposée à neuf, est, selon moi, conception erronée : effacement de notre liberté ainsi que de notre volonté.

 

Destin et prédestination exempte de liberté humaine, ne sont donc pas à confondre, et bien que toute carte de naissance comporte un « Doigt du Ciel », une direction vers laquelle chacun voit sa vie orientée, tout homme est libre de surmonter les difficultés et les obstacles que la Providence lui présentera au cours de son orient, avec temps, douceur, et sans jamais être jugé, tant il est vrai que tout et tous, nous sommes gouvernés par la loi la plus puissante qui soit : l’amour, dans lequel l’univers se meut et s’organise.

 

C’est dire que la prédestination absolue qui nierait à l’homme son droit à la liberté et à l’autodétermination serait manque de respect pour celui-ci, et impliquerait défaitisme, pessimisme et découragement, à l’heure où l’homme ne se verrait lui-même que comme le pantin articulé par des lois aveugles, avec lesquelles il n’aurait nul moyen de s’harmoniser.

 

Le principe cosmique de la loi d’amour respecte ainsi l’homme dans sa liberté de s’autodéterminer, de cheminer librement parmi les dons de la vie, favorables ou non, et ainsi de se parfaire, dans un processus qu’il entreprend d’engager pour sa vie personnelle, en intelligence et discernement propre, avec tout le temps que l’univers, dans sa clémence et dans l’éternité de la vie, lui laisse.

 

Chacun possède son élan propre et personnel, chacun sa force et son libre choix, et pour celui qui se cacherait derrière une soi-disant prédestination, abandonnant toute volonté et tout choix, le rappel de sa responsabilité lui sera un jour ou l’autre présenté, par sa conscience ou du moins, ne fût-ce que par les conséquences des actes qu’il aura posés durant son existence, et qui le suivront après la mort, telles les odeurs qui suivent le vent lorsqu’il les emporte avec lui.

 

 

 

 

 

 

 

 

Maïtreya

 

 

 

 

 

Il est venu le temps de l’éveil.

 

Lointains sont-ils les temps reculés

De la nuit et des obscures contrées

Et des forêts fermées et enchantées…

 

Il est ouvert maintenant le temps

Et les lieux sont à présent venus

En leur espace donnés,

De venir se donner les palais d’albâtre

Et de lumière cristallisée,

 

Pour la venue de la femme étoilée

Et de son manteau de lune,

Et de jade et d’émeraude,

Sur le tigre et les ailes de l’aigle,

Et du faucon,

Danser.

 

Il est venu le temps de révéler

Les splendeurs de Shambhala,

Le temps de savourer et de goûter

À l’amour pulsant,

Du cœur de toutes les contrées,

 

 

De toutes les étoiles

Et de toutes les cascades

De l’univers et des dieux,

 

De la Création tout entière

S’harmoniser

En un seul bouquet,

En une seule gerbe

D’espérance et de foi,

De charité et de sensation amoureuse,

De fulgurance et de passion,

De pulsion créatrice et de pulsion sexuelle

 

Dans sa cristalline pureté

Et l’éclat du plus beau diamant,

Pour la force de création et de genèse

Et l’envol d’une ère nouvelle,

En éveil de nouvelle Ève en enfantement,

Qui le nouvel enfant

En nos cœurs fait naître et venir.

 

 

Il se nomme Jésus,

Et il se nomme Bouddha,

Et son nom d’or,

Et son nom doré

Est,

De son troisième œil,

Pour cette nouvelle ère

Annoncé :

 

 

MAÏTREYA,

Jésus et Bouddha.

 


Maîtrise de soi

 

 

 

 

 

Accomplis chacun de tes actes comme s’il était le dernier de ton existence, comme s’il s’agissait là de l’ultime trace que tu laissais à tes suivants avant ton départ.

Tu soigneras ainsi ton geste, et en remettras les fruits à ta plus haute perfection. Ne te hâte point, à l’heure du faire, du penser et du dire. Lentement et avec mesure, accomplis ton perfectionnement en conscience ; ainsi, tu t’épanouis et tu affines ton enracinement.

 

Tu émaneras, progressivement, actes bien faits, paroles pesées, et pensées justes et teintées de vérité. Ainsi, c’est vers le Bien que tu t’orientes, par la réalisation des fruits de ton être en expression.

 

Soigne ton apparence, ta cadence et ton rythme, et veille à ne point t’épuiser toi-même par trop d’inconfort. La souplesse est vertu de la nature, et en fils de la nature, il te faut toi aussi marcher en homme souple.

 

Que la rigidité des actes, des paroles et du mental puisse être dépassée de toi, par l’exercice soutenu, en accord avec ce devoir de te rendre flexible et doux, patient et compréhensible à la fois, face au monde dans lequel tu te trouves.

 

Comme le vent emporte les odeurs avec lui, tu emporteras toi aussi, après ta mort, ta manière d’appréhender la vie. Si tu la regardes sous l’angle de la beauté, et qu’en face d’elle tu t’émerveilles et demeures en joie, tu entreras heureux dans le royaume d’éternité, de connaissance et de félicité, promis à ceux qui ont œuvré en eux-mêmes pour se rendre doux, suivant ainsi la voie de la souplesse, jusqu’à la maîtrise de soi.

 

Alors tu communieras avec l’univers et les dieux, émanations plénières de la Personne suprême,

 

Qui te recevra entre ses mains.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Métiers d’hommes

 

 

 

 

 

À l’origine, pierre anguleuse. En apprentissage de ce long métier d’hommes dont nous façonnons notre existence, sachons, lentement et patiemment, entrevoir que nous sommes aussi humblement posés en un lieu, une contrée, une famille qui parfois nous éprouvent pour notre bien.

 

Sur notre route, prenant appui sur notre bâton, qu’il soit œuvres accomplies, espoirs ou rêves nourris, amours à vivre ou pensées partagées, foi, espérance ou charité, sur notre route imprimons nos pas en conscience de notre métier d’hommes, à apprendre pour plus tard servir l’homme et son humanité.

 

Nous ne pouvons pas tout embrasser de notre faire, pas tout savoir de notre science partielle, et pourtant en notre cœur nous pouvons satisfaire, en conscience pleine de notre sol et du ciel où nous portent nos projets, le dessein de notre appel personnel.

 

Métier d’hommes, et aptitude qui nous viennent à eux seuls de notre Créateur, qui en tout se trouve et qui de tout est l’origine et la fin.

 

Métier d’hommes et aptitude qui sont par nous à parfaire, à découvrir et à trouver en notre vie, de guerres en sérénité, de combats en paix retrouvée, de batailles en haltes au monastère, pour l’expression et l’affinage de notre faire, de notre dire, de notre pensée.

 

En cœur uni au cœur de l’univers, et toujours en apprentissage, nous cheminons, et nous nous acheminons nous-mêmes vers le centre paisible de notre être, traversant méandres et bourgades, d’ateliers en lieux d’apprentissage, pour toujours plus d’expériences et d’entreprises à nous données.

 

Au final il nous faudra voir, émerveillés, le simple galet que nous serons devenus, de cette pierre anguleuse à l’origine conçue, que nous étions avant d’entreprendre le long apprentissage de notre métier d’hommes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Minutes de vérité

 

 

 

 

 

En toi repose ma présence. En toi, mon amour. Je me trouve sis au fond de tes mers intérieures et éternelles. Quand tu descends en tes profondeurs, tu me trouves qui te parle.

Je suis qui je serai. Et en toi je me révèle. Tu viens à moi en ton être solitaire et là tu contemples mon amour et ma félicité absolue. En partage tu reçois cette joie infinie de la présence. Les simples paroles qui alors se disent à ton esprit sont d’intuition lumineuse. Elles t’éclairent comme expérience de vie, et dans ce don tu jouis de l’amitié avec la lumière de tes nuits profondes.

 

Dans ton silence infini tu me trouves, être suprême de paix totale. Je crée sens à ton cœur et lui donne sang vital. Je suis qui je serai en toi. En toi je me révèle par ton ouverture à moi.

 

Nul besoin de trop de mots. La sensation de la joie, profonde et pleine, accompagnée de l’éternelle paix du cœur et de l’esprit, dénote ma présence. Cette plénitude peut t’effrayer, toi qui vis dans un monde de dualité. Cette union peut te faire peur, toi qui nages dans un océan de division matérielle. Cette joie si intense peut même te repousser, toi qui es venu au monde sans joie et qu’à cause d’elle on a tant de fois enfermé.

 

Alors je te rassure et je te dis que mon être lui-même n’est que de félicité et que ceux qui s’en approchent ne peuvent que la ressentir et se réjouir par surcroît. Mes dévots entrent avec moi en communion dans des minutes de vérité lorsqu’ils ressentent la joie de ma présence.

 

Avec la lumière de ta nuit profonde, en partage tu me reçois et tu me contemples, au fin fond de tes mers mystérieuses et c’est toi que tu reçois et que tu contemples déjà car, en vérité, je suis qui je serai, moi, ton Dieu.

 

 

 

 

Modération

 

 

 

 

 

Adopter l’attitude de modération en toutes choses.

Aller avec mesure,

Et danser sur les vagues de l’océan ouvert sur lequel on vogue.

 

Prenant les vents favorables et glissant à la faveur des courants,

Se laisser porter, en douceur, par la mélodie de la vie

Qui nous parcourt de part en part.

 

Sous le soleil et les astres en mouvement de clémence,

Se faire clément également.

 

Pour soi-même et pour les autres,

Déniant de brusquer quiconque,

Chasser les nuages de gros temps,

Ne laissant que les pensées qui bénissent.

 

Garder sa langue de toute malveillance

Et fermer ses oreilles à toute calomnie.

 

Alors une sérénité s’installe, brillante comme le jour,

Clarté de l’étoile du Nord, direction pour les marins en mer,

Qui nous dit et nous rappelle

Le but et le destin auquel on est promis.

 

Aller, marcher, chanter puis se taire.

Chercher, trouver et se satisfaire.

 

Avoir, puis relâcher tout cela

Pour ainsi partir, plus leste et plus léger,

Toujours plus loin, sur d’autres mers,

Vers d’autres contrées.

 

Au lendemain de ses efforts, se reposer.

Au sortir de son repos, s’activer à nouveau.

 

Et ainsi, de lieu en lieu, de feu en feu,

Savoir, par son âge avancé,

Remercier toujours son Dieu, sa source et ses pairs

Pour le chemin exercé.

 

Au milieu de sa vie, quelle qu’elle soit,

Et quel qu’en ait été le prix,

Reconnaître avec sérénité la beauté de tout chemin,

De tout être en cheminement,

Par-delà vallées, hameaux, contrées et lieux,

Mers et océans,

Pour la splendeur que son cœur aura offerte aux siens.

 

Car tout homme, toute femme et tout enfant

Donne toujours à son prochain,

De son cœur et de sa route.

 

Se souvenir que tous nous sommes enfants ici venus,

Sur terre attendus et du ciel entendus,

Que nous pouvons leur offrir pas et prières,

Suppliques humaines

Et attitude,

 

Qui avec le temps, toujours deviendra modération.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mon rêve personnel

 

 

 

 

 

Au milieu de ma vie, alors que mon rêve et mon destin, mes origines même, me commandent d’être un créateur, de mots, de paroles, porteur de quelque message du Grand Livre de la Vie, je m’interroge, comme l’ont sans doute fait d’autres avant moi, mes prédécesseurs, sur les traces que je devrai laisser à mes successeurs, sur le sens de celles-ci, sur leur portance et sur les races que je devrai toucher.

 

Parce que je ne méconnais pas l’existence de lieux anciens de dynamisation, tels que le sont les lieux sacrés des dolmens et des menhirs, parce que je sais également les écrits sur pierre, et l’existence de symboles gravés et de trésors, enfouis ou révélés, qui sur papier, qui sur d’autres supports, et que tous sont des traces, laissées par d’autres, de dynamisation, pour plus de lumière en la vie de ceux qui plus tard se les approprient, à mon tour je me demande, en quels lieux et par quels moyens je dynamiserai cette terre bénie.

 

Le fond de ma pensée, puisque la vérité nous vient de la pensée, à travers, c’est mon cas, de la parole donnée, reçue d’un ailleurs auquel je me connecte en conscience et en inspiration, le fond de ma pensée, donc, je le reçois comme une révélation à mon esprit, par une voix, la mienne qui est aussi celle d’un « Autre ». Comme le dit le poète, je puis dire, simplement et en mots peut-être sibyllins : « Je est un autre ».

 

La forme m’est donnée, par affirmation continue, par ce travail de chaque jour, auquel je m’attache et m’attelle, par amour — et donc par vocation — et par affinage, grâce au temps, dans lequel je suis inscrit en cette existence qu’il m’est donné de vivre présentement.

 

Restent les moyens de la diffusion de mon message, partagé, « co-créé », inspiré, puis expiré. Ils sont, comme l’indique le mot de « moyen » des media, véhiculés par la diffusion de livres, d’articles, grâce à des maisons d’édition, qui acceptent alors de publier ces textes, que je commence à peine à dévoiler au monde.

D’autres media existent en la forme de moyens électroniques : internet est un réseau de communication vaste et puissant, pouvant véhiculer à travers la planète nombre d’idées et de messages.

 

Pour ce qui est des traces laissées, je pense au symbolisme de la stèle. Mon signe astrologique tibétain est en effet « La Stèle de Jade ». Pourrait-on considérer que je dressasse des stèles de jade en quelques lieux sur terre, portant, inscrites en elles, des paroles de lumière, pour les hommes qui voudraient dynamiser leur cœur, leur âme et leur esprit.

 

Mon rêve de poète se porte jusque-là, et je me surprends parfois à lire en mon signe, et en ces forces qui me lient à mon destin et à mon rêve personnel, le karma de ces hommes qui se font pont entre le ciel et la terre, pour dresser des stèles et dynamiser par leurs messages et leurs créations, des lieux en elle, destinés à porter l’humanité vers plus de paix et de beauté.

 

Mon destin et ma préoccupation ne sont ni ceux du pouvoir ni ceux de l’argent, pas plus que ceux de la gloire ou du luxe à tout prix. Tout ceci me sera peut-être donné par surcroît, suivant les besoins qui seront les miens, si je cherche d’abord le règne de la lumière et sa justice. Voilà une parole donnée il y a deux mille ans par la bouche de Jésus de Nazareth aux hommes qui désiraient comprendre les lois de ce monde et de l’univers.

 

Ainsi je me plie, depuis ma foi et mon désir de suivre les maîtres de sagesse et les dieux, aux paroles de sagesse, et je m’attache à faire suivant la lumière que je cherche en ma vie, humblement, suivant également mon seul désir de répondre à l’appel que je sens en mon cœur en tout ce que j’aime, faire, dire, penser et croire.

C’est ainsi que si son chemin se fait chemin de cœur, comme le disait don Juan Matus, le maître de Carlos Castaneda, l’homme peut être assuré d’être sur une bonne voie, une voie sacrée.

 

Ceci dit, je viens de mettre à nu, en quelques lignes, mon rêve personnel, celui d’être un Iesod, un pont, un axe de verticalité, entre terre et ciel, au centre d’une croix qui en comporte également un autre, d’horizontalité : le temps et l’espace, ici impartis dans mon existence terrestre.

 

Au centre de cette croix sacrée, le rêve se forme de voir fleurir le lotus blanc de l’épanouissement et de l’éveil, tel celui du Bouddha, et la rose rouge de l’amour, la fleur rose, de la « Philia », qui doit fleurir en mon cœur, pour moi, pour mes frères en humanité, et d’abord pour Dieu, la Personne suprême, l’Être de félicité, que je désire servir en dévotion, en conscience de lui, et en amour complet, comme un brahman-bhukta.

 

Ce rêve puissant, il s’agit de l’incarner, de le concrétiser, après l’avoir formé et formulé. Par la prière, (action puissante sur la demande à l’univers qui répond, par sa loi, à tout ce qu’on lui demande), et par l’action, qui nous enracine afin de pousser nos cimes vers le ciel, nous accomplissons, en cette volonté forte et cette détermination infaillible qui est la nôtre, le rêve personnel de notre existence et de cette vie qui nous est ainsi impartie.

 

Mon rêve, ici et ainsi exposé, (la dynamisation désirée et certaines stèles préparées) il ne me reste plus qu’à graver toujours plus les messages que je perçois dans mon cœur et dans ma conscience, et à attendre que les paroles soient diffusées, pour ainsi pouvoir dresser les stèles sur les lieux bénis de cette terre de beauté, à travers le temps et l’espace, ouverts devant moi.

 

Pour cette dernière action, je laisse à la Providence tout le soin de distribuer les cartes de sa volonté divine, et demande à Dieu, aux présences de lumière, aux anges et aux Maîtres de Shambhala que leur aide soit accordée, que leur volonté soit faite, qu’elle soit toujours la mienne, et que ma volonté soit la leur.

 

Amen.

 

 

 

 

 

 

 

Musique et poésie

 

 

 

 

 

Entre en communion

Avec le grand mystère de tes origines.

 

De ta destinée, tu n’en connais que ton rêve.

 

C’est déjà l’essentiel, puisqu’il te portera,

À pas sûrs et comptés,

Par-delà la Providence qui fera tout pour t’aider,

Au port que tu entrevois, déjà,

En ta puissante imagination.

 

Ta demande est celle de l’homme de pouvoir.

Ton pouvoir est celui qui t’est donné,

Par plus que toi :

Tes dons et ton Donateur.

 

Utilise demandes et pouvoir pour t’avancer

Vers l’horizon que tu t’es choisi,

Et vers ton futur port d’attache.

 

Tu n’es à nul autre pareil,

Et ces paroles peuvent te faire comprendre

La force que tu peux activer

Pour servir ton destin personnel.

 

Au final, tu créeras ton œuvre propre,

Et tu laisseras ici bas

Les traces de tes pas,

Le chemin aplani,

Et la moisson prête pour d’autres,

À partir des grains que tu auras semés en ce monde.

 

Pour toi tu récolteras, d’abord, la sagesse de ton parcours ;

Ton expérience te parlera de ce savoir que tu auras cherché,

Et ensuite déposé dans tes œuvres,

Tes pas laissés sur terre.

 

Les générations qui te suivront,

Goûteront tes paroles

Et la transmission de ta pensée,

Alors que tu t’en fus, plus loin,

Vers d’autres cieux et d’autres contrées.

 

Prends courage et sens la joie

Des oiseaux dans leurs chants éternels.

 

Chante à ton tour,

Parce que tu es en joie d’exprimer,

Ce dont ton cœur déborde de verbe,

De parole, Et de vie.

 

Tu traverses ton existence en musique,

Car les musiciens et les muses te visitent,

Selon ton souhait ardent.

 

Et la musique te traverse à son tour,

En cette poésie qui fait ta vie d’homme exultant.

 

Ouvre ton cœur à ce chant de liberté.

Et, tels les hommes des peuples anciens,

Troubadours et trouvères,

Place l’amour au centre de ton hymne.

 

Alors tu boiras à la fontaine de jouvence,

À la source de la paix, mon enfant.

 

Et tu porteras la lyre des Anciens

Pour chanter, toujours plus loin,

Le chant nouveau,

En homme ivre de liberté.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nomadisme éclairé

 

 

 

Aux abords du pommier, un enfant jouait. Dans la simplicité des gestes de son jeu enfantin, il allait en tendresse avec lui-même et l’entourage des champs comme du verger en lequel sa joie l’avait emmené.

 

Il savait, sans pourtant le savoir, cet enfant, loin d’être innocent parce qu’il partageait avec l’univers et la terre toute la sagesse de l’amour, que la joie se donne aux cœurs dépouillés du sérieux et des conflits mentaux dont il était dépourvu.

 

Lui n’était, en ce verger d’un jour, de cet après-midi, de ces quelques instants, qu’un compagnon de plus de la grande évolution et de la gaieté qui se diffuse en sourire enfantin, ici sur les lèvres et le cœur d’un enfant, là sur les pas d’un homme maîtrisant son avance et le regard qui le porte à aimer ce qu’il entrevoit, parmi ses contemporains parfois affairés.

 

Il faut penser parfois que sur notre Mère la Terre, nombreux sommes-nous qui sourions différemment et qui portons nos diversités, ne partageant pas les mêmes origines et, ainsi, marqués de nos différences.

 

Il en est ainsi de nos traces anciennes et des milliers de mémoires inscrites en nos âmes nomades, qui pour un temps se retrouvent à partager un même destin sur une même terre et sous une même latitude, et qui pourtant croisent en attitudes diverses et variées.

 

Pourquoi ? Savons-nous vraiment si nous ne sommes pas chacun voyageurs d’autres mondes, d’autres sphères, d’autres parts de l’histoire humaine ou galactique, et qu’ainsi nous portons des mémoires et des plis, des moules divers, à chacun innés, avant de nous être retrouvés sur la même terre, ensemble pour un destin commun ?

 

Pourrions-nous jurer, — et au nom de quelle certitude — que nos origines ne partent que du seul ventre de notre mère biologique, et qu’avant cela nous n’étions rien, ni personne ?

 

 

Ô certitudes, ô voiles et inconnus souvent nourris d’idées reçues et acceptés comme des évidences… !

 

Beaucoup s’accrochent aux seuls besoins et satisfactions matérielles : nos nécessaires victuailles, nos vêtements et nos toits, nos moyens de transports et nos éducations pour l’accumulation d’argent afin de satisfaire encore, en cercles vicieux, ces mêmes besoins matériels.

 

La question se pose du besoin de regarder au-delà de cette satisfaction matérielle, de ce besoin de protection (certes vital et essentiel) dont nombreux êtres humains ne font que leur seul horizon.

 

 

Nos origines, notre destinée et le sens même de notre évolution peuvent sortir de cette sphère matérielle tout comme la vision de notre centre d’amour, de notre vérité personnelle et du règne de la beauté.

 

Ces trésors et leur recherche nous apportent également expérience, épreuves parfois ou douceurs, qui sont certes aussi horizons de vie sur lesquels d’autres hommes lèvent également regard et intérêt, tendant l’esprit et le cœur vers ces richesses à vivre.

 

Il est question de savoir si l’on trouve encore, comme ce petit garçon, au bord de son pommier, le sourire et la joie paisible dans la course aux besoins matériels, ou si le sens de notre vie se construit plus essentiellement dans le domaine du voyage de l’esprit, en recherche de l’amour.

 

Diversité. Différences de nos intérêts, de nos motivations, et multitude de nos chocs et de nos luttes. Et par-delà toutes nos divergences,… richesse.

Les labours que nous provoquons en nous-mêmes ou sur autrui sont souvent écrasement de nos tourbes et de nos déchets, révoltes et feu en nos cœurs et sur nous-mêmes, tant il est vrai que les luttes entre nous nous poussent à trouver au final paix et harmonie.

 

 

Mais la question surtout se pose de savoir qui est l’autre qui m’interpelle de sa distance, de sa différence, et m’appelle ainsi à le reconnaître ? D’où lui vient une telle différence de base, si essentielle ?

D’où même vient-il, lui, qui déjà, tout petit, arrive au monde si plein d’un caractère, d’une différence, de motivations et d’un génie propre ? Et qui suis-je, moi-même, qui ne me comprends souvent pas vraiment, et qui ne peux accepter cette dictature de la volonté, de la différence, d’autrui sur moi ?

 

 

 

*

 

 

 

Labours, chocs, écrasement de nos tourbes, écarts et réconciliations. Travail des hommes sur eux-mêmes. Et au final, de toute cette terre, vient à naître une fleur, une fleur aux blancs pétales irisés de rose.

 

C’est la fleur de la compréhension, la fleur de la tolérance, oui.

 

Mais surtout c’est la fleur sacrée qui reconnaît à la Vie le droit de doter chaque être d’une origine propre et personnelle, inaliénable et bien à lui.

 

C’est la vision, en chacun, d’un pèlerin venu du temps ancien et d’une mémoire autre, doté d’une « Mémoire des Âges et des lieux les plus reculés du cosmos ».

 

C’est la fleur qui donne à chacun son « Nomadisme éclairé ».

 

C’est la fleur aux mille pétales et aux mille origines, ceux-là même de toutes les mémoires sacrées que nous n’avons pas à vouloir rechercher derrière la mémoire invisible, ni les masques humains de nos contemporains qui un jour lointain, se sont trouvés peut-être sur d’autres lieux, en d’autres temps cosmiques.

 

Ils ont connu, tout comme nous peut-être, des voyages et des expériences autres, et leur sagesse les a ainsi forgés différemment de nous. Certains ont peut-être vécu dans d’autres règnes que les nôtres — minéraux, végétaux, animaux, le saura-t-on vraiment un jour ? — d’autres en des forêts merveilleuses qui en ont goûté la sagesse millénaire, quant à certains ils viennent peut-être — car rien n’est à exclure — du règne des « grands messagers divins », voire d’autres étoiles ou planètes du cosmos et du « Tao » ?

 

Au nom de quelle certitude, de quelle science pourrait-on exclure l’émerveillement et l’étonnement qui nous place face au soleil de toutes nos différences, et à la brûlante question de nos origines ?

 

 

*

 

L’acquisition de la connaissance, de l’intuition et de l’amour qui se donnent par regard d’acceptation, de compréhension et de tolérance de nos frères, prend en effet du temps.

 

Lorsque nous venons au monde, les causes de nos blessures sont oubliées, nos mémoires sont scellées pour une existence nouvelle et pour une vie à poursuivre dans un monde qui demande à se renouveler.

 

 

Enchantés sommes-nous de découvrir la splendeur de l’innocence cette fois, d’un sourire qui se donne par jeu et par joie, dans le simple acte de se donner.

 

Et la vie commence par la nouveauté d’un soleil levant qui nous promet à tous expériences à faire, épreuves dont nous ne savons rien encore, pour notre avancement inexorable, et surtout, notre nouvelle mission à découvrir et notre rêve à forger, pour nous qui sommes portés par cœur et « vocation », inscrite déjà en nos mystérieuses mémoires et origines.

 

 

Nous l’avons pressenti, nombreuses sont les hypothèses qui discourent des origines et qui là encore tentent d’imposer leur point de vue.

 

Pour ma part, il n’est pas d’imposition désirée ni d’hypothèse à dicter, mais une lumière à laisser ici pour la méditation personnelle de chacun. Un horizon à ouvrir, un voile à lever peut-être…

De notre éternité, l’éternité de notre amour, je pars et je pose la liberté pour principe du « Tao », qui est vie et qui est tout, de l’univers, du cosmos et de toute conscience, de toutes les étoiles, comme de la sagesse inscrite dans tous les mondes habités ou inhabités.

 

Chaque être humain, dans son éternité, vit donc son nomadisme éclairé, en son rythme propre, en parcours de toute étape, et vient ainsi peut-être de mondes qu’il a visités, entre plusieurs stations terrestres, d’étoiles en étoiles, de planètes en planètes, en conscience des expériences inscrites en son cœur et son âme, par l’esprit qu’il porte de ses ailes merveilleuses.

 

La vie dans son infinie sagesse, dans sa création cosmique, donne à chacun l’ouverture qu’il souhaite et forge pour lui-même au gré de sa liberté.

 

C’est dire que celle-ci a besoin d’une expansion à sa mesure, et c’est dans la conscience spirituelle, que le Grand Voyage s’entreprend, à travers tous les mondes possibles, et non seulement sur le seul c


[BR1]???tels quels, néologismes

[BR2]Krishna ?orthographe sanskrite, en italique donc

[BR3]C’est-à-dire ? yin-yang accompli (noir devenu blanc)

 

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